LA SINGULARITÉ TECHNOLOGIQUE EXPLIQUÉE


L'invention de l'informatique et son imaginaire

Alan Turing, chercheur britannique, publie en 1950 dans la revue Mind un article qui fera date : "Computing Machinery and Intelligence". À l'époque, l’intelligence artificielle semble nourrir davantage l’imagination des auteurs de science-fiction que l’innovation industrielle.  En 1965, Irving Good, statisticien britannique, pose les jalons d’une vision du progrès technologique oscillant entre foi et science. Dans son "article Speculations concerning the first ultraintelligent machine", il décrit, voire prophétise, un développement prochain extrêmement soudain de la technique, un progrès ultra-rapide dans un laps de temps extrêmement réduit. Il avance en effet que si l’on pouvait construire une machine ne serait-ce qu’un peu plus "intelligente" que l’homme, celle-ci serait capable, très vite, de construire elle-même une machine encore plus intelligente, et ainsi de suite jusqu’à atteindre une intelligence incommensurable à la nôtre.


 

La singularité technologique entre mythe et réalité

On est en droit de se demander dans quelle mesure la qualité de chercheurs et de scientifiques des différents protagonistes de ce "mouvement de pensée" garantit la scientificité de la singularité technologique. En effet, sur certains points, et même s’il ne s’agit pas de remettre en cause les compétences de ces scientifiques, l’idée paraît naïve et semble reposer sur des "extrapolations" plutôt que sur des "lois". Les tenants de la singularité technologique s’inspirent en effet de la dite "loi de Moore".